De l'enfance à la pornographie...

De l’enfance à… la pornographie!

De l’enfance à… la pornographie!

Je suis né en 1965 dans une famille catholique pratiquante. Nous vivions en France, dans une ville des Deux-Sèvres. Mon enfance s’est déroulée sans problème majeur. J’étais un garçon joueur et bricoleur. Un jour, en cherchant dans les placards de l’atelier, j’ai trouvé un magazine sur lequel se trouvait une fille dénudée; cela m’a fasciné. C’est à partir de cette découverte que j’ai commencé à ne plus travailler à l’école. J’arrivais au collège, mais j’étais plus intéressé par les filles que par les cours. Voyant que j’étais devenu un cancre, mes parents ont décidé de me placer en apprentissage chez un artisan mécanicien. C’est là que j’ai rencontré les dures lois de ce monde et la pornographie. Dès que le patron était absent, les ouvriers du garage faisaient des remarques sur les photographies des photos de filles des magazines pornos qu’ils apportaient. Ils organisaient des combats entre les apprentis. Le perdant avait ses organes sexuels barbouillés de cambouis. Je me retrouvais donc régulièrement humilié.

Motard et… ambulancier! 

Ayant soif de liberté, j’étais très attiré par la moto. Aussi, dès l’âge de dix-huit ans j’ai acheté ma première Honda 400 XLS! Après avoir obtenu mon diplôme de mécanicien, j’ai quitté, très heureux, ce milieu pour effectuer une formation d’ambulancier à Paris. Enfin j’étais libre, du moins c’est ce que je pensais. J’étais très bon élève, passionné par ce nouveau métier! Malgré cela, j’étais de plus en plus obsédé par la pornographie. Je n’arrivais pas à me débarrasser de ces envies malgré plusieurs tentatives. J’étais comme drogué, hypnotisé par ce que je voyais, et j’en avais de plus en plus besoin.

Après avoir obtenu mon diplôme d’ambulancier, je souhaitais travailler au SAMU de France. Le premier poste que j’ai décroché se trouvait à l’hôpital de Strasbourg. Je me souviens encore de la tête de la responsable lorsqu’elle m’a vu débarquer avec ma Honda VF 400 F avec seulement un sac sur le réservoir pour tout bagage. Je venais de parcourir les neuf cents kilomètres qui séparent ma ville natale de la capitale alsacienne. J’avais le look d’un vrai motard, pas celui d’un bon ambulancier!

A l’hôpital, j’ai découvert un nouveau milieu cosmopolite où régnaient la compétitivité à travers les clans, la drogue, l’homosexualité, les sorties, la fête… J’ai rencontré aussi la mort; elle me faisait très peur! J’ai vécu quelques mois avec une fille qui me quittera quelque temps plus tard pour une… fille! Follement amoureux, je l’ai très mal supporté, croyant toujours à cette relation impossible.

Par la suite, j’ai trouvé un poste au SAMU 34 à Montpellier, où j’ai rencontré ma consolatrice, Chantal. Nous avons vécu cinq années ensemble. Il m’était vraiment difficile de cacher mon obsession qu’elle a fini par découvrir et par tolérer.

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Après cinq années de vie commune, Chantal a quitté Montpellier pour effectuer des études d’infirmière à Auch, dans le sud-ouest de la France. Je me suis retrouvé tout seul, sans petite amie, et me suis raccroché de plus en plus à la pornographie et à mes fantasmes qui parfois se réalisaient. Je ressentais comme un immense vide au plus profond de moi et la dépression est arrivée à grands pas. En parallèle, l’angoisse de la mort augmentait énormément et devenait insupportable.

Au cours de l’été 1993, je suis parti avec des copains en Norvège pour participer à la rencontre des Motards chrétiens européens. Tout s’est déroulé en anglais et je n’y ai rien compris, cependant j’ai découvert un milieu qui me plaisait beaucoup. Les motards que nous avons rencontrés étaient différents de ceux que nous connaissions en France; pourquoi? Nous avons essayé de discuter avec eux, mais il n’était pas facile de les comprendre. De retour à Montpellier, c’était la catastrophe. L’angoisse et la dépression prenaient le dessus. Je ne me supportais plus et je ne pouvais pas me supprimer; j’avais toujours une peur énorme de la mort!

Durant l’été 1994, je suis retourné à la rencontre européenne en Hollande. J’ai vécu de superbes moments au travers de la musique qui était jouée. En discutant avec une fille membre d’un club de motards chrétiens, voilà qu’elle m’explique que, pour être membre de leur club, il fallait être «né de nouveau». Né de nouveau? Qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire? De retour à Montpellier, l’angoisse et la dépression étaient devenues insupportables!

Une rencontre pas banale et… une nouvelle vie!

Quelques mois plus tard, j’ai participé à une petite rencontre chrétienne. Là, des personnes de différentes confessions parlaient de leur relation personnelle avec le Seigneur Jésus-Christ. Une fois que tous s’étaient exprimés, ils m’ont demandé si, moi aussi, je voulais avoir une relation avec Dieu. C’était une évidence pour moi; je voulais m’approcher de Jésus sans savoir très bien ce que cela voulait dire et encore moins comment il fallait faire. Ils m’ont proposé de prier pour moi. Puis j’ai prié moi aussi: «Oui, je reconnais que je n’ai pas honoré Dieu jusqu’à maintenant. Oui, je me repens de toutes mes erreurs et de toutes mes fautes. Oui, je crois de tout mon cœur que Jésus est le Fils de Dieu. Qu’il est mort sur la croix pour moi, pour me purifier de mes fautes. Oui, je reçois Jésus dans ma vie comme Sauveur et Seigneur.»

Pendant cette prière que j’ai prononcée à voix haute, je me suis retrouvé dans un épais brouillard alors que j’avais les yeux grands ouverts. Au loin une petite lumière brillait comme une étoile. Après, j’ai remercié le Seigneur de tout ce qu’il avait fait pour moi et je suis rentré à mon domicile sans bien comprendre tout ce qui s’était passé! Le lendemain matin, au réveil j’ai pleuré durant plusieurs heures! J’ai pleuré sur ma vie passée, sur mes fautes, tout en étant en même temps heureux; Jésus était là, dans mon cœur, par son Esprit. Depuis ce jour, il ne m’a plus quitté! J’ai reçu une nouvelle vie pleine de joie et de bonheur. Je suis une nouvelle créature. Je suis «né de nouveau»!

J’ai jeté tout ce que j’avais concernant la pornographie. L’angoisse a disparu ainsi que la peur de la mort qui a été remplacée par la conviction d’avoir la vie éternelle. La dépression a été remplacée par l’amour et la joie divine. J’ai vraiment vécu un miracle! Toutes les choses anciennes sont passées! J’ai mis ma vie en règle avec lui. Je lui ai remis tout ce que j’avais: Chantal, mes parents, ma famille, mes amis, ma moto… Jésus est vivant! Depuis, il est là avec moi chaque jour de ma vie par son Esprit. Je lui remets ce qui me préoccupe. Il se charge de tout, car lui seul est le Sauveur. Il est mon guide, mon divin berger. Je fais ce qu’il me dit, car il a un plan pour moi. Oui, vraiment, maintenant je fais partie des gens les plus heureux sur terre. Je suis libre. Jésus vit en moi, comme il est écrit dans la Bible: «Christ en nous, l’espérance de la gloire.»

Quelques mois plus tard, Chantal rencontrait elle aussi le Seigneur de la vie. Le 16 septembre 1995, elle est devenue mon épouse. Quelques mois après, nous avons emménagé en Suisse, dans le canton de Berne, où j’ai suivi durant trois ans des études de théologie. Chantal exerçait son métier d’infirmière dans une maison de retraite voisine. Etudes, travail, logement… Dieu avait tout prévu! Aujourd’hui, nous vivons près de Genève. Chantal travaille comme infirmière dans une maison de retraite de l’Armée du salut. Je suis régulateur sanitaire au 144 du canton de Genève. Nous sommes bénis chaque jour par la présence de l’Esprit saint dans notre famille composée de trois filles.

A bientôt sur les routes… Laurent Baudoin 

Ce récit est extrait du livre Chrétien et motard? disponible sur le site: www.motards-chretiens.org.

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